| • Penser les régimes urbains | le 03-07-2012 |
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Appel à contribution
Date
Du 9 au 11 juillet 2013
Répondre avant
15 octobre 2012
Lieu
Paris
Source
Présentation par l'organisme :
Les approches des politiques urbaines en termes de « régimes » ont aujourd’hui un peu plus de vingt ans. Développées par la science politique nord‐américaine (Elkin, 1987 ; Stone, 1989), ces approches considèrent que les villes sont caractérisées par une « capacité de gouvernement », et que les politiques urbaines sont élaborées par des coalitions informelles, mais stables, unissant des groupes d’acteurs porteurs de ressources et d’intérêts variés. Dans cette perspective, les travaux américains ont surtout insisté sur l’interdépendance entre autorités politiques et milieux d’affaires locaux comme principal élément constitutif des régimes urbains.
Outre‐Atlantique, cette approche a vite rencontré le succès au point de structurer le débat autour du fait politique urbain. Elle a nourri la controverse très ancienne sur le « pouvoir de la communauté » entre élitistes et pluralistes. Cette approche n’a toutefois pas connu le même succès en Europe continentale, et plus particulièrement en France. Le débat sur l’intérêt d’un tel concept a en fait été vite tranché par le constat d’une différence irréductible de contextes qui compliquerait son importation (Le Galès, 1995). Comme le reconnaissent eux‐mêmes les utilisateurs anglo‐saxons du concept, l’un de ses défis est en effet celui des conditions de son transfert (Mossberger, 2009). Les mérites d’une telle approche sont pourtant indéniables. Elle invite à s’interroger sur les modalités de construction d’une capacité de gouvernement dans des environnements fragmentés, sur la genèse de coalitions de gouvernement et ses effets sur les agendas, les politiques publiques et la démocratie urbaine. Fidèle à une perspective d’économie politique, elle permet de réarticuler l’analyse du politique urbain avec son substrat socioéconomique. Elle incite notamment à penser l’impact des transformations socioéconomiques sur la gouvernance urbaine, ainsi que les modes de médiation entre autorités politiques et groupes sociaux. Elle permet de reposer la question de la stratification du pouvoir en ville dans un contexte marqué par la compétition urbaine et le retour en force des intérêts de la rente foncière. L’approche des régimes est aussi sensible à une sociologie fine des dispositifs et réseaux informels qui permettent de reconstituer une capacité d’action collective (un « pouvoir de »). Elle propose ainsi une perspective d’analyse « agrégative » qui gagnerait néanmoins à s’enrichir d’une lecture également conflictuelle des politiques urbaines (Imbroscio, 2003 ; Nicholls, 2005). La vitalité de cette approche s’est illustrée par des propositions de typologie des régimes urbains formalisant les manières très variables par lesquelles sont gouvernées les villes en fonction de leur position dans la hiérarchie urbaine et des équations sociales qui les caractérisent (Mossberger, Stoker, 2001 ; Stone 1993).
Cette Section thématique vise donc à remettre sur le métier la question de l’intérêt heuristique du cadre d’analyse des régimes urbains pour l’étude des formes de gouvernement des villes européennes et françaises en sollicitant deux types de contributions : - Des études de cas de ville(s) présentant une analyse de la genèse et de la composition d’un ou plusieurs régimes urbains, mais aussi des échanges de ressources qui les structurent et des outcomes en termes de structure de l’agenda et d’orientation des politiques publiques. - Des contributions mettant en débat le concept lui‐même à partir de quelques dimensions‐clés : l’échelle (métropolitaine, intercommunale, communale…) de formation d’un régime urbain ; la diversité des régimes urbains et des agendas autres que ceux de dimension pro‐growth ; la place des milieux économiques et la nature des groupes d’intérêt impliqués. L’objectif est de susciter des travaux sur des cas européens et français pour évaluer les difficultés et opportunités offertes par cette approche des régimes urbains. Envoi des propositions par mail aux responsables de la ST 19 :
Stéphane Cadiou (Université de Nice Sophia‐Antipolis – ERMES)
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Gilles Pinson (Institut d’études politiques de Lyon – TRIANGLE) gilles.pinson@sciencespo‐lyon.fr |
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