• Cicatrices urbaines
Le 9 novembre prochain, l’Allemagne et l’Europe entière célèbreront les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Ce dernier, symbole du “rideau de fer” et de la division d’un pays et d’un continent, est sans doute un des murs les plus célèbres de l’histoire.
Mur de Berlin, 1986, photo galerie FlickR siyublog, GNU Free Documentation License.
Mais aujourd’hui encore, aux quatre coins du monde, des villes sont divisées par ces cicatrices urbaines. Frontières, ségrégation, repli, tous les prétextes sont bons pour ériger de nouvelles barrières, plus hautes, plus sécurisées ou électrifiées les unes que les autres.
Un des murs les plus célèbres, et les plus polémiques, est celui qui a été construit entre Israël et la Cisjordanie. Il traverse ou contourne les villes de Bethléem, Tulkarem, Qalqilya et, bien sûr, Jérusalem.
Abou Dis, Jérusalem Est, 2004. Photo : “Yann”, GNU Free Documentation License.
Abu Dis, Jérusalem Est; 2008. Photo : “tsweden”, creative commons
Depuis la chute du mur de Berlin, une des seules villes au monde encore officiellement coupée en deux, traversée de part en part par une frontière, reste sans doute Nicosie. La capitale de Chypre est depuis 1974 séparée en deux parties, suite à la partition de l’Ile et la prise de contrôle d’un tiers du territoire, au Nord, par la Turquie.
Poste frontière rue Ledra à Nicosie en 2005. Photo : Kükedi Tamás, domaine public.
Le 3 avril 2008 cependant, une brèche a été ouverte rue Ledra, où la circulation a été rétablie.
Retour en vidéo et en trois parties sur les événements :
A Belfast, ville où les violences durent depuis des décennies, les murs de séparation entre secteurs catholiques-républicains et protestants-loyalistes, ont été baptisés “murs de la paix”. La ville en compte des dizaines, mais la paix a-t-elle jamais été initiée par des murs ?
A l’heure actuelle, dans le monde, une des barrières les plus imposantes et les plus sécurisées est sans doute celle qui, de manière quasi-continue, sépare les Etats-Unis et le Mexique. Si, côté Etats-Unis, cette dernière se situe rarement en zone urbaine (seule San Diego étale ses quartiers périurbains à proximité de la frontière), côté mexicain, les villes s’entassent le long des murs de séparation. L’exemple le plus frappant étant sans doute celui de Tijuana, écrasée contre des murs tous plus hauts et sécurisés les uns que les autres :
Frontière Américano-Mexicaine à Tijuana, 2007. Photo : Gordon Hyde, domaine public.
Les exemples pourraient ainsi être multipliés, depuis les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila où de hauts murs sont censés empêcher l’immigration, jusqu’à Padoue, en Italie, où le maire a fait construire en 2006 un mur séparant les quartiers riches des quartiers pauvres de la ville.
Enfin, les murs qui créent des cicatrices au sein des villes du monde entier ne sont pas forcément synonymes de frontière ou de conflit armé. De plus en plus, de hautes barrières de sécurité viennent découper les villes en morceaux, et le fait de se situer de l’un ou de l’autre côté dépend avant tout du portefeuille.
Les Gated Communities fleurissent un peu partout, (comme par exemple en Amérique du Sud) et matérialisent de la façon la plus concrète la ségrégation urbaine.
Mur de sécurité d’une propriété privée, Adler street, Londres, 2006. Photo : “Edward”, domaine public
S’il fallait tenter de trouver un point positif à l’édification de ces murs, on pourrait dire qu’ils ont le mérite de provoquer d’immenses espoirs et beaucoup de joie le jour où ils finissent enfin par tomber. Cela en vaut-il la peine ?
Et si, certes, les villes et les murs entretiennent une histoire commune depuis des siècles, on les préfère quand même en lieux touristiques :
Carcassonne, 2007. Photo : Adam Allen, creative commons.















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